Couple : connaitre notre conditionnement familial, transgénérationnel, culturel, scolaire

Couple : connaitre notre conditionnement familial, transgénérationnel, culturel, scolaire

Le conditionnement familial, transgénérationnel, culturel, scolaire

Lorsque nous parlons du couple, nous avons souvent l’impression que nous savons naturellement comment aimer. Nous pensons que notre façon de vivre à deux vient simplement de notre personnalité, de nos goûts ou de notre histoire avec notre partenaire. Pourtant, une grande partie de ce que nous faisons dans une relation a été appris bien avant notre première histoire d’amour.

Nous avons appris ce qu’était un couple en regardant les adultes autour de nous. Nous avons entendu nos parents parler de l’amour, nous avons observé leurs disputes et leurs réconciliations, nous avons regardé la manière dont ils se partageaient les tâches et dont ils se parlaient. Nous avons également reçu des messages de notre famille, de notre école, de notre culture, des films et de la société.

Tout cela forme ce que l’on peut appeler notre conditionnement.

Le mot peut sembler compliqué, mais l’idée est très simple. Le conditionnement, c’est tout ce que nous avons appris tellement souvent que nous finissons par le faire presque automatiquement.

Un enfant qui entend régulièrement « il faut être gentil » apprend à faire attention aux autres. Un enfant à qui l’on répète « dans la vie, il faut se débrouiller seul » peut apprendre à ne pas demander d’aide. Un enfant qui voit son père ne jamais montrer ses émotions peut comprendre, sans même qu’on le lui dise, que montrer sa tristesse n’est peut-être pas une bonne chose.

Plus tard, cet enfant devient adulte.

Et il emmène avec lui toutes ces petites règles invisibles dans sa vie de couple.

Il peut alors croire que sa manière de fonctionner est la seule manière normale de faire, alors qu’elle est simplement celle qu’il a apprise.

C’est pour cela que deux personnes qui s’aiment peuvent parfois avoir l’impression de parler deux langues différentes.

Elles n’ont pas forcément appris le même amour.

Le couple c'est deux personne qui ne viennent pas tous du même monde

Lorsque nous rencontrons quelqu’un, nous pensons souvent que nous allons simplement réunir deux personnalités. En réalité, nous réunissons aussi deux histoires, deux familles, deux éducations et parfois deux visions très différentes de ce que doit être un couple.

Imaginez deux enfants qui grandissent dans deux maisons différentes. Dans la première maison, les parents se disent régulièrement qu’ils s’aiment, se prennent dans les bras et parlent facilement de leurs émotions. Dans la seconde, les parents s’aiment peut-être tout autant, mais ils ne le disent presque jamais. Ils montrent leur affection en travaillant, en protégeant la famille ou en rendant des services.

Lorsque ces deux enfants deviennent adultes et se rencontrent, ils peuvent avoir une difficulté très simple à comprendre.

La première personne peut penser : « S’il m’aime, pourquoi ne me dit-il jamais qu’il m’aime ? »

La seconde peut penser : « Mais je lui montre tous les jours que je l’aime. Je travaille, je m’occupe de la maison, je fais tout pour notre famille. Que lui faut-il de plus ? »

Les deux peuvent être sincères.

Le problème n’est pas forcément l’absence d’amour.

Le problème peut être qu’ils n’ont pas appris à reconnaître l’amour de la même façon.

C’est cela, le conditionnement.

Le conditionnement culturel : il n’existe pas une seule façon de faire couple

Nous avons tendance à penser que notre manière de vivre en couple est naturelle et universelle. Pourtant, lorsque nous regardons les sociétés humaines à travers le monde, nous découvrons des façons très différentes d’organiser la famille, la sexualité, la parentalité, la vie quotidienne et les relations entre les hommes et les femmes.

Ce que nous considérons comme « normal » est donc souvent simplement ce que nous connaissons.

Prenons l’exemple de certaines communautés d’Amazonie étudiées par les anthropologues. Les règles concernant la famille, la sexualité, la parentalité ou la place des hommes et des femmes peuvent être très différentes de celles que nous connaissons dans les sociétés occidentales. Dans certaines cultures, la responsabilité des enfants est davantage pensée comme une responsabilité collective et la famille ne se limite pas forcément au modèle du père, de la mère et de leurs enfants vivant seuls sous le même toit.

Cela peut nous surprendre parce que nous regardons ces sociétés avec nos propres lunettes.

Mais si une personne qui a toujours vécu dans ce type de communauté venait observer notre manière de vivre, elle pourrait elle aussi trouver certaines de nos habitudes étonnantes.

Elle pourrait se demander pourquoi les parents doivent tout organiser seuls. Elle pourrait trouver étrange qu’un couple vive isolé dans son logement et qu’il demande rarement de l’aide à la famille ou au village. Elle pourrait également avoir une autre manière de considérer la place de l’enfant ou les responsabilités de chacun.

Cela ne signifie pas qu’une culture est parfaite et qu’une autre ne l’est pas.

Cela signifie simplement que l’être humain a imaginé plusieurs façons de vivre ensemble.

Cette découverte est essentielle lorsqu’on parle de couple, car elle nous oblige à nous poser une question : lorsque nous disons « un couple normal », de quelle normalité parlons-nous ?

Les Moso : une autre manière d’imaginer la famille

Les Mosos, peuple de Chine étudié notamment par les anthropologues, offrent un autre exemple intéressant. Leur organisation familiale traditionnelle a été décrite comme fortement matrilinéaire : la filiation et l’organisation du foyer passent largement par la lignée maternelle, et les enfants restent traditionnellement au sein de la maison de leur mère.

Le modèle familial que nous connaissons en Occident n’est donc pas la seule possibilité imaginée par les êtres humains.

Cette différence permet de comprendre quelque chose de très important : nous confondons facilement ce qui est familier avec ce qui est universel.

Parce que nous avons grandi avec une certaine organisation de la famille, nous pouvons penser qu’elle est la seule façon naturelle de faire.

Mais l’histoire de l’humanité nous montre autre chose.

Les êtres humains ont créé différentes règles pour vivre ensemble. Certaines sociétés ont donné une place importante à la famille élargie, d’autres au couple, d’autres encore à la lignée maternelle ou paternelle. Les responsabilités concernant les enfants, le travail, les ressources et la vie quotidienne ont également varié selon les lieux et les époques.

Cela ne veut pas dire qu’il faut copier un autre modèle.

Cela nous permet simplement de comprendre que notre propre modèle est lui aussi une construction.

Et lorsqu’une chose est construite, elle peut évoluer.

Notre famille nous transmet bien plus que des souvenirs, il est important de comprendre l'histoire de sa famille avec la psychogénéalogie

Après la culture vient un autre conditionnement, souvent encore plus puissant : celui de notre famille.

Nous ne recevons pas seulement de nos parents un prénom, une couleur de cheveux ou certaines habitudes. Nous recevons également des façons de penser, des croyances, des peurs, des valeurs et des manières de réagir.

Une petite fille peut grandir en entendant sa mère dire : « Les hommes ne sont jamais fiables. »

Un petit garçon peut entendre son père répéter : « Dans un couple, c’est toujours la femme qui finit par décider. »

Un enfant peut entendre : « Chez nous, personne ne divorce. »

Un autre peut entendre : « Il faut toujours rester indépendant. Ne compte jamais sur quelqu’un. »

Ces phrases peuvent sembler banales.

Pourtant, lorsqu’elles sont répétées pendant des années, elles peuvent devenir des règles intérieures.

L’enfant ne se dit pas : « Je suis en train d’apprendre une croyance familiale. »

Il pense simplement : « C’est comme ça. »

Et lorsqu’il devient adulte, cette croyance peut continuer à guider ses choix sans qu’il s’en rende compte.

La psychogénéalogie : regarder ce qui se transmet dans le transgénérationnel

C’est ici que la psychogénéalogie peut apporter une autre manière de regarder notre histoire.

La psychogénéalogie s’intéresse notamment à la manière dont certaines histoires familiales, certains événements, certains secrets, certaines croyances ou certaines répétitions peuvent influencer les générations suivantes. Elle peut nous inviter à regarder notre arbre familial et à nous demander ce qui s’est répété dans les relations, les séparations, les deuils, les rôles ou les croyances.

Il ne s’agit pas de dire que tout ce qui nous arrive vient de nos ancêtres.

Ce serait beaucoup trop simple.

Nous sommes aussi des individus avec nos propres expériences, nos propres décisions et notre propre environnement.

Mais notre famille constitue une partie de notre histoire.

Et parfois, regarder cette histoire permet de comprendre pourquoi certaines réactions nous semblent tellement fortes.

Une personne peut, par exemple, avoir très peur d’être abandonnée sans comprendre d’où vient cette peur. Elle peut avoir besoin d’être constamment rassurée et vivre chaque distance de son partenaire comme une menace.

Une autre personne peut, au contraire, avoir appris très jeune qu’il ne fallait dépendre de personne. Lorsqu’un partenaire cherche à se rapprocher d’elle, elle peut ressentir le besoin de prendre de la distance.

Ces deux personnes peuvent se rencontrer et s’aimer.

Mais leurs histoires peuvent se toucher exactement là où elles sont les plus sensibles.

L’une demande : « Rassure-moi, ne pars pas. »

L’autre entend : « Tu m’étouffes. J’ai besoin d’air. »

Plus l’une demande de proximité, plus l’autre s’éloigne.

Plus l’autre s’éloigne, plus la première demande à être rassurée.

Et sans le vouloir, ils peuvent entrer dans une danse qui fait souffrir les deux.

Comprendre leur histoire peut alors permettre de voir que le problème n’est pas simplement « toi » ou « moi ».

Il y a quelque chose qui se joue entre nous.

Le transgénérationnel n'est pas une condamnation, on peut le transformer

Lorsque nous parlons de transmission familiale, il faut être très prudent avec une idée : nous ne sommes pas condamnés à répéter l’histoire de notre famille.

Avoir eu des parents qui se disputaient beaucoup ne signifie pas que nous aurons forcément un couple conflictuel. Avoir connu un divorce dans notre famille ne signifie pas que nous divorcerons. Avoir grandi avec des personnes qui ne parlaient jamais de leurs émotions ne signifie pas que nous serons incapables de communiquer.

Notre histoire peut nous influencer, mais elle ne décide pas entièrement de notre avenir.

C’est justement ce qui rend le travail sur soi intéressant.

Comprendre permet parfois de reprendre du choix.

Lorsque je comprends que je me mets en colère chaque fois que mon partenaire ne répond pas parce que cela réveille chez moi une ancienne peur d’être abandonnée, je peux commencer à distinguer le présent du passé.

Mon partenaire n’est pas forcément la personne qui m’a blessé autrefois.

La situation actuelle n’est pas nécessairement celle que j’ai déjà vécue.

Mon émotion est réelle, mais son origine peut être plus ancienne que le problème du jour.

Cette distinction peut changer beaucoup de choses dans un couple.

Nous ne regardons pas tous le monde de la même manière dans le couple 

Il existe encore un autre conditionnement que nous oublions souvent : celui de notre éducation et de notre expérience.

Notre cerveau apprend en permanence.

Il apprend ce qui est important, ce qui est dangereux, ce qui mérite notre attention et ce qui peut attendre. Il se construit aussi avec ce que nous faisons souvent. Plus nous pratiquons une activité, plus nous développons des connaissances et des automatismes dans ce domaine.

C’est pour cette raison qu’un médecin urgentiste ne regarde pas une pièce de la même manière qu’un informaticien ou qu’une esthéticienne.

Le médecin urgentiste a été formé pendant des années à repérer rapidement des signes qui peuvent indiquer une urgence. Lorsqu’il entre dans une situation, son attention est naturellement entraînée à rechercher certains éléments : la respiration, la conscience, les signes de gravité, les changements rapides de l’état d’une personne. Il a appris à voir ce que d’autres personnes ne remarquent pas forcément.

L’informaticien, lui, a entraîné son esprit à résoudre d’autres types de problèmes. Il travaille avec des systèmes, des règles, des informations et des logiques. Dans certains domaines de l’informatique, il utilise même des systèmes binaires fondés sur deux états, souvent représentés par 0 et 1. Cela ne signifie évidemment pas que son cerveau « ne pense qu’en 0 et 1 ». Cela signifie que sa formation lui a appris à raisonner avec certains outils et certaines structures.

Une esthéticienne développe encore d’autres compétences. Elle apprend à observer la peau, à repérer des besoins, à organiser les étapes d’un soin et à adapter ses gestes à la personne qu’elle accompagne.

Une infirmière, de son côté, développe des compétences importantes autour des soins, de l’observation, de l’accompagnement et de la relation avec les patients.

Chacun développe donc des habitudes d’attention liées à ce qu’il apprend et à ce qu’il pratique.

Et cela existe aussi dans le couple.

Nous n'avons pas tous appris à regarder les mêmes choses et cela est souvent une force complémentaire du couple

Imaginez un couple dans lequel l’un travaille dans le domaine médical et l’autre dans l’informatique.

Lorsqu’ils rentrent à la maison, ils n’arrivent pas avec le même regard sur le monde.

L’un peut être particulièrement attentif à l’état physique de l’autre. Il peut remarquer rapidement qu’il est pâle, fatigué ou qu’il ne se comporte pas comme d’habitude.

L’autre peut être davantage habitué à chercher la logique d’un problème. Il peut vouloir comprendre ce qui s’est passé, identifier la cause et trouver rapidement une solution.

Si leur partenaire dit : « Je suis fatigué », le premier peut demander : « Est-ce que tu vas bien physiquement ? »

Le second peut demander : « Qu’est-ce qui t’a fatigué ? Qu’est-ce qu’on peut changer ? »

Les deux cherchent peut-être à aider.

Mais ils ne montrent pas leur attention de la même façon.

L’un apporte du soin.

L’autre apporte une solution.

Et chacun peut croire que sa manière d’aider est évidente.

C’est exactement ce qui peut créer des malentendus dans un couple.

Nous avons parfois l’impression que l’autre ne nous écoute pas alors qu’il nous écoute avec son propre mode de fonctionnement.

Nous pouvons penser qu’il ne fait pas attention alors qu’il fait attention à autre chose.

Nous pouvons croire qu’il ne nous aime pas parce qu’il ne montre pas son amour de la manière que nous attendons.

Neuroscience : Le cerveau se construit avec l'expérience

Il est donc plus juste de parler d’un cerveau qui apprend et s’entraîne que de dire que les personnes possèdent des cerveaux complètement différents selon leur métier.

Notre cerveau possède une grande capacité d’adaptation. Nos expériences répétées peuvent renforcer certaines habitudes d’attention, certaines connaissances et certaines façons de résoudre les problèmes.

C’est une bonne nouvelle.

Cela signifie que nous ne sommes pas prisonniers de notre fonctionnement.

Une personne qui a toujours eu du mal à parler de ses émotions peut apprendre à mieux les identifier. Une personne qui a toujours voulu tout contrôler peut apprendre à laisser davantage de place à l’autre. Une personne qui fuit les conflits peut apprendre à rester dans une discussion sans partir immédiatement.

Nous pouvons apprendre de nouvelles manières de fonctionner.

C’est précisément ce qui permet à un couple d’évoluer.

Deux cerveaux, deux histoires, une même relation amoureuse

Lorsque deux personnes se rencontrent, elles ne mettent donc pas seulement deux personnalités autour d’une table.

Elles mettent ensemble deux histoires.

Deux familles.

Deux éducations.

Deux cultures.

Deux expériences professionnelles.

Deux façons de regarder le monde.

Deux façons de gérer les émotions.

Et parfois même deux façons complètement différentes de comprendre ce que signifie aimer.

C’est pour cette raison qu’une phrase comme « Si tu m’aimais, tu comprendrais » peut être très injuste.

L’autre peut nous aimer et ne pas comprendre immédiatement.

Il peut avoir besoin que nous lui expliquions.

De la même manière, nous pouvons aimer profondément quelqu’un et ne pas savoir spontanément ce dont il a besoin.

L’amour ne donne pas automatiquement accès au mode d’emploi de l’autre.

Il faut apprendre à le découvrir.

Le couple comme rencontre de deux mondes

C’est peut-être cela que nous oublions lorsque nous parlons du couple.

Nous pensons que deux personnes doivent simplement s’aimer.

Mais elles doivent aussi apprendre à faire fonctionner ensemble deux mondes qui étaient, jusqu’à leur rencontre, complètement séparés.

Avant le couple, chacun avait ses habitudes. Il savait comment organiser ses journées, comment gérer son argent, comment passer ses vacances, comment ranger sa maison, comment parler à sa famille et comment réagir lorsqu’il était stressé.

Puis quelqu’un arrive.

Et soudain, ses habitudes rencontrent les nôtres.

Il veut manger à 20 heures et nous à 21 heures.

Il aime parler le matin et nous avons besoin de silence.

Il dépense facilement et nous préférons économiser.

Il veut régler un conflit immédiatement et nous avons besoin de temps.

Il pense que l’amour se montre par les actes et nous avons besoin de mots.

Qui a raison ?

Très souvent, la réponse est : les deux.

Parce qu’ils ne parlent pas depuis le même endroit.

Ils parlent depuis leur histoire.

Comprendre avant de juger

Lorsque nous comprenons le conditionnement, quelque chose peut changer dans notre manière de regarder notre partenaire.

Au lieu de penser immédiatement : « Il est impossible », nous pouvons nous demander : « Qu’a-t-il appris dans sa famille ? »

Au lieu de penser : « Elle ne m’aime pas », nous pouvons nous demander : « Comment lui a-t-on appris à montrer son amour ? »

Au lieu de penser : « Il ne comprend rien », nous pouvons nous demander : « Avec quelles habitudes de pensée fonctionne-t-il ? »

Cela ne signifie pas qu’il faut tout accepter.

Comprendre n’est pas excuser.

Comprendre permet simplement de mieux choisir notre réponse.

Si je comprends pourquoi mon partenaire réagit d’une certaine manière, je peux décider avec lui de trouver une autre manière de faire.

Le but n’est pas de devenir prisonnier de notre passé.

Le but est de devenir capable de choisir notre présent.

Sortir du pilote automatique de la relation amoureuse

Le conditionnement devient un problème lorsque nous le suivons sans même savoir qu’il existe.

Nous pouvons répéter une phrase de notre mère, avoir la même réaction que notre père, reproduire une manière de communiquer que nous avions pourtant juré de ne jamais utiliser.

Puis, un jour, nous entendons notre propre voix dire exactement les mêmes mots que ceux que nous avions entendus enfant.

Cela peut être un moment étrange.

Nous pouvons nous dire : « Mais je suis en train de devenir comme mes parents. »

Ce moment peut faire peur.

Mais il peut aussi devenir une porte.

Parce que lorsque nous voyons le mécanisme, nous pouvons commencer à le modifier.

Nous pouvons apprendre à faire autrement.

C’est là que le travail sur soi devient réellement intéressant. Il ne consiste pas à chercher qui est responsable de tout ce qui nous arrive. Il consiste à comprendre ce que nous avons reçu, à regarder ce que nous en avons fait et à décider de ce que nous voulons transmettre à notre tour.

Nous pouvons recevoir une histoire sans être obligés de la répéter.

Nous pouvons aimer notre famille sans reproduire toutes ses croyances.

Nous pouvons respecter notre culture tout en choisissant certaines choses différemment.

Nous pouvons garder ce qui nous fait du bien et transformer ce qui nous fait souffrir.

Le couple est donc une rencontre de conditionnements

Lorsque deux personnes se rencontrent, leurs conditionnements se rencontrent également.

C’est pour cette raison que les conflits de couple sont parfois beaucoup plus profonds qu’une simple histoire de vaisselle, d’argent ou de téléphone.

Derrière une dispute sur une assiette laissée dans l’évier peut se cacher une croyance sur le respect.

Derrière une dispute sur l’argent peut se cacher une peur de manquer.

Derrière une dispute sur le temps passé ensemble peut se cacher une peur de l’abandon.

Derrière une difficulté à demander de l’aide peut se cacher une histoire familiale dans laquelle il fallait toujours être fort.

La dispute visible n’est parfois que la partie que nous pouvons voir.

Sous l’eau, il existe parfois toute une histoire.

C’est pourquoi, dans mon approche du Couple Équipe®, je ne cherche pas uniquement à savoir qui a raison ou qui a tort. Je cherche à comprendre ce qui se joue derrière les réactions de chacun.

Qu’est-ce que cette personne a appris ?

Qu’est-ce que l’autre a appris ?

Quelles croyances sont encore actives ?

Quelles blessures anciennes peuvent être réveillées ?

Quelles habitudes viennent de leur éducation ?

Et surtout, quelles nouvelles règles peuvent-ils créer ensemble ?

Parce que leur couple n’a pas besoin de reproduire exactement le modèle de leurs parents.

Il n’a pas non plus besoin de suivre aveuglément les règles de leur culture.

Ils peuvent construire leur propre façon d’être ensemble.

Nous ne sommes pas condamnés à répéter en comprenant le transgénérationnel grâce a la psychogénéalogie

C’est peut-être l’une des choses les plus importantes que j’aimerais transmettre.

Nous avons tous reçu quelque chose.

Une manière de parler.

Une manière d’aimer.

Une manière de nous protéger.

Une manière de travailler.

Une manière de gérer les émotions.

Une manière de voir les hommes, les femmes, la famille et le couple.

Mais recevoir n’est pas choisir.

Et apprendre quelque chose dans l’enfance ne signifie pas que nous devons continuer à le faire toute notre vie.

L’adulte que nous sommes aujourd’hui peut regarder l’enfant qu’il a été avec davantage de compréhension.

Il peut lui dire, symboliquement : « Tu as fait avec ce que tu avais. Maintenant, tu peux apprendre autrement. »

C’est là que le couple peut devenir un formidable lieu d’évolution.

Parce que notre partenaire nous montre parfois exactement les endroits où notre ancien fonctionnement ne fonctionne plus.

Il peut nous agacer, nous surprendre, nous confronter et parfois même réveiller en nous des émotions très anciennes.

Ce n’est pas toujours agréable.

Mais cela peut nous permettre de mieux nous connaître.

Le couple devient alors plus qu’une histoire entre deux personnes.

Il devient une rencontre entre deux histoires qui cherchent à créer une histoire nouvelle.

Et cette nouvelle histoire n’a pas besoin d’être parfaite.

Elle a simplement besoin d’être choisie.

C’est cela, peut-être, devenir une véritable équipe : comprendre d’où nous venons sans rester prisonniers de notre passé, comprendre l’autre sans chercher à le transformer en quelqu’un qui nous ressemble, et apprendre ensemble à construire une façon de vivre qui appartient réellement à notre couple.

Nous ne choisissons pas toujours ce que nous avons reçu.

Mais nous pouvons apprendre à choisir ce que nous voulons en faire.

Et c’est précisément à cet endroit que le conditionnement cesse d’être une prison pour devenir une possibilité de changement.

Je veux prendre rendez vous avec Marie Sauvage pour comprendre ce que je vis

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