Comment s'est construit le couple, pourquoi le relation amoureuse ne fonctionne pas ?
Le couple : une construction historique
Lorsque nous parlons du couple, nous avons souvent l'impression de parler de quelque chose de naturel, d'évident, qui aurait toujours existé de la même manière.
Deux personnes se rencontrent. Elles tombent amoureuses. Elles vivent ensemble. Elles font parfois des enfants. Elles construisent une famille. Et elles restent ensemble le plus longtemps possible.
Mais si nous remontons un peu dans l'histoire, nous découvrons une réalité très différente.
Le couple que nous connaissons aujourd'hui n'est pas tombé du ciel. Il a été construit au fil des siècles. Il a été influencé par la religion, les familles, les règles sociales, l'économie, le travail, la transmission des biens et, plus récemment, par une nouvelle idée devenue très importante : celle de l'individu libre de choisir sa propre vie.
Cela change beaucoup de choses.
Car si le couple est une construction humaine, cela signifie qu'il peut évoluer.
Et c'est précisément ce que nous sommes en train de vivre.
Le problème est que notre société a énormément changé en quelques décennies, alors que notre manière d'imaginer le couple reste encore souvent attachée à des modèles beaucoup plus anciens.
Nous demandons donc parfois à un modèle ancien de répondre à des besoins nouveaux.
Et c'est là que les difficultés commencent.
Pendant longtemps, le couple n'avait pas pour mission de nous rendre heureux
Aujourd'hui, lorsque nous parlons d'amour, nous pensons facilement au bonheur.
Nous voulons rencontrer quelqu'un avec qui nous serons heureux. Nous voulons nous sentir aimés, compris, désirés, soutenus. Nous voulons avoir une belle complicité et partager des projets.
Mais cela n'a pas toujours été la fonction première du couple.
Pendant une grande partie de l'histoire, le mariage était avant tout une institution. Il permettait d'organiser la famille, la transmission des biens, les alliances entre familles, la naissance et l'éducation des enfants, ainsi que la place de chacun dans la société.
Dans l'Europe chrétienne, l'Église a profondément participé à la manière dont le mariage et la famille ont été organisés. Au fil des siècles, elle a défini des règles concernant le mariage, la sexualité, la filiation et les liens familiaux. Des historiens comme Jack Goody ont notamment étudié la manière dont les règles matrimoniales chrétiennes ont transformé les structures de parenté et la transmission des biens en Europe.
Le mariage n'était donc pas seulement l'histoire de deux personnes qui s'aimaient.
Il concernait aussi deux familles.
Deux patrimoines.
Des enfants.
Une place dans la communauté.
Des obligations.
Des responsabilités.
Et parfois même des stratégies familiales.
Imaginez un enfant de 7 ans qui demande à ses parents : « Pourquoi les gens se mariaient-ils ? »
Nous pourrions répondre très simplement :
« Parce qu'ils s'aimaient. »
Mais cette réponse serait incomplète.
Ils pouvaient aussi se marier pour créer une famille, transmettre des biens, protéger une situation économique, unir deux familles ou respecter les règles de leur société.
L'amour romantique tel que nous le connaissons aujourd'hui n'a donc pas toujours été au centre du mariage.
Puis l'État est entré dans l'histoire du couple
Au fil du temps, le mariage est également devenu une affaire de droit.
L'État a progressivement organisé et réglementé les questions liées à la famille : le mariage, la filiation, les droits et devoirs des époux, les enfants, le patrimoine, puis le divorce.
Le couple est donc devenu une institution reconnue par la société.
Cela avait une fonction très concrète : permettre à une société de savoir qui était responsable de quoi.
Qui était l'époux ?
Qui était l'épouse ?
Qui étaient les enfants ?
Qui héritait ?
Qui devait subvenir aux besoins de la famille ?
Qui avait des droits sur les biens ?
Pendant longtemps, cette organisation reposait aussi sur une répartition très différente des rôles entre les hommes et les femmes. Dans de nombreux modèles familiaux, l'homme était principalement associé à la production de revenus tandis que la femme assumait davantage les tâches domestiques et familiales. Les transformations du mariage au XXe siècle ont justement été liées, entre autres, à la remise en question de cette organisation et à la recherche d'une relation plus égalitaire.
Le couple était donc aussi une petite organisation économique.
On travaillait.
On produisait.
On élevait les enfants.
On gérait la maison.
On transmettait.
Chacun avait une fonction.
Ce modèle pouvait fonctionner parce que la société autour de lui fonctionnait de cette manière.
Mais notre société n'est plus la même.
Nous avons changé beaucoup plus vite que notre modèle du couple
En quelques décennies, notre quotidien s'est transformé de façon spectaculaire.
Les femmes ont massivement investi le monde professionnel. Les hommes ont progressivement été davantage impliqués dans la vie familiale. Les divorces se sont développés. Les familles recomposées sont devenues plus visibles. La vie en couple sans mariage s'est développée. Les enfants sont arrivés plus tard dans la vie de nombreuses personnes. Les individus ont davantage la possibilité de choisir leur mode de vie.
Les recherches sociologiques décrivent depuis plusieurs décennies une transformation profonde des formes familiales et conjugales en Europe. Le mariage n'est plus la seule manière d'organiser sa vie à deux, et les attentes envers la relation sont devenues plus personnelles et plus affectives.
Autrement dit, nous sommes passés progressivement d'un couple qui était fortement défini par la société à un couple qui doit davantage se définir lui-même.
Et cette liberté est extraordinaire.
Mais elle apporte aussi une nouvelle difficulté.
Avant, la société disait beaucoup aux couples ce qu'ils devaient faire.
Aujourd'hui, elle nous dit davantage :
« Choisissez votre vie. »
Alors nous choisissons.
Nous choisissons notre métier.
Notre ville.
Notre façon de vivre.
Notre partenaire.
Notre manière d'éduquer nos enfants.
Notre rythme.
Nos loisirs.
Notre apparence.
Notre alimentation.
Notre sexualité.
Notre manière de travailler.
Notre manière d'être heureux.
L'individu est devenu beaucoup plus important.
La sociologie parle d'ailleurs d'« individualisation » pour décrire cette transformation des sociétés modernes. Le terme a notamment été popularisé dans les années 1980 par le sociologue Ulrich Beck, même si le phénomène est beaucoup plus ancien et plus complexe que cette seule période.
Les années Reagan et Thatcher ont également marqué un tournant politique et économique important dans le monde occidental, avec une valorisation accrue de la responsabilité individuelle, du choix et de la logique du marché. Il serait toutefois trop simple de dire que cette période a, à elle seule, « créé » l'individualisme moderne : elle a plutôt contribué à renforcer et diffuser certaines de ces valeurs.
Et cette transformation a forcément touché le couple.
De « nous devons rester ensemble » à « je veux être heureux »
Il y a une différence énorme entre ces deux phrases.
« Nous devons rester ensemble. »
Et :
« Je veux rester avec toi parce que je choisis cette relation. »
La première appartient davantage à une logique d'obligation.
La seconde appartient davantage à une logique de choix.
C'est une formidable évolution.
Nous avons aujourd'hui beaucoup plus de liberté pour quitter une relation qui ne nous convient plus, pour construire une vie différente et pour rechercher une relation plus égalitaire.
Mais cette liberté a aussi changé notre niveau d'exigence.
Si je peux partir, alors je peux me demander :
« Est-ce que je suis vraiment heureux ? »
Si je peux choisir, je peux comparer.
Et si je peux comparer, je peux avoir l'impression qu'il existe peut-être quelqu'un de mieux.
C'est là que notre époque ajoute une nouvelle difficulté au couple.
Nous ne cherchons plus seulement quelqu'un avec qui construire une vie.
Nous cherchons parfois quelqu'un qui corresponde parfaitement à notre vie idéale.
Et cette personne parfaite n'existe pas.
Le couple est entré dans une société de consommation
Nous vivons dans une société où nous avons appris à consommer.
Quand quelque chose ne nous plaît plus, nous pouvons souvent le remplacer.
Notre téléphone est trop vieux ?
Nous en achetons un nouveau.
Une paire de chaussures est abîmée ?
Nous pouvons en acheter une autre.
Un meuble ne nous plaît plus ?
Nous pouvons le changer.
Une voiture vieillit ?
Nous pouvons en choisir une nouvelle.
Et petit à petit, sans même nous en rendre compte, cette logique peut entrer dans notre manière de regarder les relations.
Quand quelque chose ne fonctionne plus, nous pouvons avoir le réflexe de chercher autre chose.
Attention : je ne dis pas qu'il faut rester dans un couple qui détruit ou qui met en danger.
Mais je crois qu'il existe une différence entre quitter une relation devenue destructrice et jeter une relation dès qu'elle devient difficile.
Cette différence est essentielle.
Parce qu'un couple vivant connaît forcément des périodes compliquées.
Il y aura des moments où nous serons fatigués.
Des moments où nous ne nous comprendrons pas.
Des moments où nous aurons moins de désir.
Des moments où nous aurons besoin de distance.
Des moments où nous nous demanderons même si nous avons fait le bon choix.
Cela ne signifie pas automatiquement que le couple est terminé.
Cela signifie parfois qu'il a besoin d'être réparé.
Et c'est une idée qui devient de plus en plus importante dans une société habituée à remplacer rapidement les objets.
Un couple n'est pas un smartphone.
On ne peut pas changer de modèle tous les deux ans simplement parce qu'un nouveau modèle semble plus séduisant.
Un couple est vivant.
Il possède une histoire.
Des souvenirs.
Des blessures.
Des projets.
Des enfants parfois.
Des années partagées.
Et surtout, deux êtres humains qui évoluent.
Mais nous sommes aussi devenus hyperstimulés
Il y a une autre transformation que nous ne pouvons pas ignorer : notre rapport au numérique.
Notre téléphone nous accompagne presque partout.
Dans notre lit.
À table.
Dans la voiture.
Dans les transports.
Au travail.
En vacances.
Nous recevons des messages, des informations, des vidéos, des publicités, des nouvelles et des notifications.
Notre attention est constamment sollicitée.
Les réseaux sociaux nous montrent des milliers de personnes, des milliers de vies et des milliers de possibilités.
Et cela peut créer une drôle d'impression.
Nous voyons le couple parfait.
La maison parfaite.
Le corps parfait.
Les vacances parfaites.
La déclaration d'amour parfaite.
La famille parfaite.
Nous regardons la vie des autres à travers quelques secondes soigneusement choisies.
Puis nous regardons notre propre vie.
Et notre propre vie, elle, contient aussi les poubelles à sortir, les factures à payer, les enfants fatigués, le linge à plier, les disputes, les réveils difficiles et les journées où nous n'avons aucune énergie.
La comparaison est donc complètement injuste.
Nous comparons les coulisses de notre vie avec la vitrine des autres.
Et cela peut alimenter une insatisfaction permanente.
La question n'est alors plus :
« Comment pouvons-nous améliorer notre couple ? »
Mais :
« Est-ce que je pourrais avoir mieux ? »
Nous sommes devenus plus "libres", mais parfois plus seuls
C'est peut-être l'un des grands paradoxes de notre époque.
Nous avons gagné beaucoup de "liberté".
Mais nous avons aussi perdu certains repères collectifs.
Autrefois, les rôles étaient souvent très définis. Ils pouvaient être injustes, rigides et particulièrement contraignants pour les femmes. Il ne s'agit évidemment pas de vouloir revenir à ce modèle.
Mais lorsque les anciennes règles disparaissent, il faut en construire de nouvelles.
Et c'est précisément ce que nous n'avons pas toujours appris à faire.
Aujourd'hui, un couple doit souvent inventer ses propres règles.
Qui travaille ?
Qui gagne combien ?
Qui s'occupe des enfants ?
Qui fait les courses ?
Qui cuisine ?
Qui prend les rendez-vous médicaux ?
Qui prend du temps pour lui ?
Combien de temps passons-nous ensemble ?
Combien de temps passons-nous séparément ?
Comment gérons-nous notre sexualité ?
Comment parlons-nous de l'argent ?
Comment décidons-nous ?
Qui fait quoi ?
Ce sont des questions simples en apparence.
Mais derrière chacune se trouve une question beaucoup plus profonde :
« Comment allons-nous construire notre vie ensemble ? »
Et personne ne nous a vraiment appris à répondre à cette question.
Le vieux couple avec les nouveaux humains
Voilà peut-être le cœur du problème.
Nous vivons dans une société nouvelle avec des humains qui ont de nouvelles attentes, de nouvelles libertés et de nouveaux besoins.
Mais nous continuons souvent à imaginer le couple avec de vieux modèles.
Nous voulons être deux individus autonomes tout en étant parfaitement fusionnels.
Nous voulons notre liberté tout en demandant à l'autre d'être toujours disponible.
Nous voulons de la stabilité tout en ayant besoin de nouveauté.
Nous voulons être compris sans toujours expliquer ce que nous ressentons.
Nous voulons du désir sans toujours accepter les changements du corps et de la relation.
Nous voulons un partenaire indépendant mais qui soit très présent.
Nous voulons de la passion mais aussi une sécurité totale.
Nous voulons que notre couple soit notre refuge, notre aventure, notre famille, notre sexualité, notre amitié, notre soutien émotionnel et parfois même la source principale de notre bonheur.
C'est énormément de choses à demander à une seule relation.
Alors peut-être que le problème n'est pas que les couples modernes sont moins capables d'aimer.
Peut-être que nous leur demandons simplement de réussir une mission beaucoup plus complexe qu'autrefois.
Alors, que devons-nous faire pour faire durer la relation amoureuse ?
Je ne crois pas qu'il faille revenir en arrière.
Je ne veux pas remettre les femmes dans un rôle ancien.
Je ne veux pas supprimer notre liberté.
Je ne veux pas dire que le divorce est une mauvaise chose.
Je ne veux pas idéaliser les anciens couples.
Nous avons gagné des libertés essentielles.
Mais nous devons maintenant apprendre à utiliser cette liberté pour construire quelque chose de nouveau.
Un modèle qui corresponde aux humains que nous sommes devenus.
Un modèle dans lequel deux personnes peuvent être indépendantes sans devenir étrangères.
Un modèle dans lequel nous pouvons être amoureux sans nous perdre.
Un modèle dans lequel nous pouvons être différents sans devenir adversaires.
Un modèle dans lequel nous pouvons traverser une crise sans penser immédiatement que tout est terminé.
Un modèle dans lequel nous pouvons réparer sans avoir honte de reconnaître que quelque chose est cassé.
Car finalement, c'est peut-être cela qui manque le plus à notre époque :
un apprentissage du couple.
Nous apprenons à conduire une voiture avant de prendre le volant.
Nous apprenons un métier avant de l'exercer.
Nous apprenons parfois à gérer notre argent.
Mais nous pensons encore souvent que nous devrions savoir naturellement vivre à deux.
Comme si aimer quelqu'un suffisait pour savoir communiquer avec lui.
Comme si avoir des sentiments suffisait pour traverser les grandes étapes de la vie.
Comme si deux personnes qui s'aiment allaient automatiquement savoir devenir une famille.
Ce n'est pas vrai.
C'est ici que commence le Couple Équipe pour faire durer la relation conjugale
Si le couple est une construction, alors nous pouvons apprendre à le construire.
Si notre société a changé, nous pouvons inventer un nouveau modèle.
Si nos besoins ont changé, nous pouvons apprendre à mieux les comprendre.
Si nous sommes deux individus différents, nous pouvons apprendre à fonctionner ensemble.
C'est cette idée qui est au cœur de la Méthode Couple Équipe®.
Je ne vous propose pas de revenir au couple d'autrefois.
Je ne vous propose pas non plus de courir après le couple parfait que nous vendent les films, les publicités ou les réseaux sociaux.
Je vous propose quelque chose de beaucoup plus simple.
Revenir à l'humain.
Regarder l'homme et la femme, ou les deux partenaires, avant de regarder le statut de « couple ».
Comprendre leurs histoires.
Leurs besoins.
Leurs émotions.
Leurs différences.
Leurs blessures.
Leurs fonctionnements.
Leurs évolutions.
Et apprendre à construire entre eux une relation qui ne repose pas uniquement sur la passion du début, mais sur une capacité à avancer ensemble.
Un Couple Équipe®, ce n'est pas deux personnes qui pensent pareil.
Ce n'est pas deux personnes qui ne se disputent jamais.
Ce n'est pas deux personnes qui sont collées l'une à l'autre.
C'est deux personnes qui savent qu'elles sont différentes, mais qui choisissent d'apprendre à jouer dans la même équipe.
Parce qu'une équipe n'est pas une personne.
Une équipe, ce sont plusieurs personnes qui mettent leurs différences au service d'un projet commun.
Et votre projet commun peut être très simple :
être bien ensemble.
Pas parfaitement.
Pas tout le temps.
Mais suffisamment pour avoir envie de continuer à construire.
Le couple de demain ne sera peut-être pas celui qui ressemble le plus au couple d'hier.
Il pourrait être celui qui accepte enfin de regarder une vérité très simple :
nous sommes des humains avant d'être des conjoints.
Et si nous voulons construire des couples qui durent, il est peut-être temps de commencer par là.
Remettre l'humain au centre du couple.
C'est le point de départ du Couple Équipe®.
Prendre rendez-vous avec Marie Sauvage